Depuis une semaine en Espagne, deux sorties près de Malaga, mais pas vraiment les sessions de l'année. De toute façon si Almunecar était le "secret spot" près de Malaga, ça se serait !
Ensuite, départ vers Tarifa pour une semaine de camping sur la plage. Ahhh oui. Vivre vraiment le windsurf pendant une semaine comme il se doit. Dormir à 50m de la plage entre mon wishbone et ma 7,2, vivre au gré du vent et de la mer.
Nous sommes arrivés Samedi après midi à la Mecque. Le petit camping de Las Dunas n'est pas du grand luxe mais ce n'est pas grave, il y a des planches semées un peu partout entre les tentes. Le ton est donné. Par contre, pas de vent... Rien, Nada. Je vérifie le GPS. Oui, nous sommes bien à Tarifa. Je me précipite vers la réception du camping pour "checker" les conditions sur Windguru. Ouf ! Demain Levante (Est) 22 à 25knts toute la journée. Je vais pouvoir bien dormir.
Debout à 8h et 1èr sur l'eau à 9h en 5,4. Je regarde autour de moi. Personne pour profiter de ces conditions de rêve si tôt le matin ! Peut-être que les requins viennent se nourrir au bord avant 11h ! Je suis bientôt sur toilé et je remplace la 5,4 par la 4,7. Je ne suis plus tout seul sur l'eau. Les requins doivent être partis. A la rue en 4,7. J'étarque, j'aplatie et enfin je suis bien. Pendant 3 heures je m'éclate sur l'eau. Allez, je tente la traversé jusqu'à l'Afrique. Un autre fois peut-être
Ensuite, tout s’enchaîne… Encore une belle session en 4,7 dans l’après midi. Le lendemain, lundi, le vent a tourné vers l’Ouest (Poniente) Pas trop fort mais avec un renforcement thermique. Deux heures de nav dans l’après midi en 7,2 et ensuite une heure en 8,5 en fin de journée pour profiter du coucher du soleil avec comme toile de fond les montagnes d’Afrique. Le mardi, pas de vent le matin, donc un « boat trip » de Tarifa pour observer dauphins et baleines suivi de deux heures de pure bonheur en 8,5 l’après midi. Et il me reste encore 4 jours
Le mercredi encore du Poniente. Je commence à bien connaître les conditions du spot. Vers 13h je grée la 8,5 et la 6,1. Je sais que je vais pouvoir naviguer entre 13h et 15h en 8,5 et puis entre 15h et 17h en 6,1 et puis en fin de journée je vais pouvoir reprendre la 8,5. Mon plan est parfait. Sans faille !
Je navigue pendant 2 heures comme prévues en 8,5 et je remonte pour manger dans le petit bar sur la plage. Le vent est bien monté mais avant de prendre la 6,1 je veux voir si je peux toujours tenir la 8,5. Je pars en planning directement et j’ai du mal à fermer. Je remonte au vent et me baisse dans l’eau afin de repartir vers la plage après un water start (je crois qu’il est bien temps de prendre la 6,1). Et puis c’est le drame… Je donne un gros coup de pied sous l’eau pour replacer le flotteur et je frappe l’aileron avec le dessous de mon pied droit. Ca va. Ca ne fait pas trop mal. La voile me lève de l’eau et je repars vers la plage directement en planning, les pieds dans les straps. Presque par hasard (ou peut-être pas) mon regard se porte vers le strap arrière et je vois que le pad a changer de couleur. C’est complètement rouge ! J’arrive sur le bord et je constate les dégâts. Je suis ouvert sur six centimètres et le sang coule à flot dans la mer. C’est avec une certaine lucidité que je me rendre compte que c’est fini pour moi. J’entends comme dans un rêve les cris autour de moi : « hey man, that looks bad », « you ok mate ? » , « senor, senor, ok ? », « il faut aller à l’hopital mon pôte ». Je vous passe la suite : le poste de secours, les premières soins, la balade en ambulance, la piqûre contre le tetanos, les 5 points de suture…
Et voilà une semaine de repos forcé (au moins).
Pas le choix, il va falloir revenir pendant les vacances de paques
